| Atelier 3 — Moteurs et propulsion

Maj 15 juin 2026

Compare les moteurs à pistons (cycle 4 temps, hélice) et les turbomachines (turboréacteur simple et double flux, turbopropulseur, turbomoteur, statoréacteur). Découvre le taux de dilution, l'inverseur de poussée, le carburant aviation et les commandes moteur au cockpit — le programme § 1.3 du BIA.

75 minDurée 5Exercices 10QCU quiz 7Thèmes

1 L'hélice (Propeller)

4Concepts 1Exercice

L'hélice convertit la rotation du moteur en poussée linéaire (traction). Chaque pale est un profil aérodynamique, comme une petite aile en rotation.

Structure de l'hélice

ÉlémentRôle
Moyeu (hub)Centre de l'hélice, fixé sur l'arbre moteur
Pales (blades)2 à 6 surfaces aérodynamiques qui produisent la traction
Pas (pitch)Distance théorique parcourue en une rotation (comme un pas de vis)
Calage (θ)Angle de la pale par rapport au plan de rotation (10-25° typique)
Types d'hélices — bipale et tripale
Types d'hélices [ANF-301]
Hélice à pas variable — calage et régulation
Pas variable [ANF-302]

Pas fixe vs pas variable

Hélice à pas fixeHélice à pas variable
PrincipeCalage figé à la fabricationCalage ajustable en vol (hydraulique ou électrique)
Petit pasCompromis uniqueDécollage et montée — forte traction à basse vitesse
Grand pasCroisière — moins de traînée, vitesse optimale
AvantageSimple, léger, fiablePerformances optimales à chaque phase de vol
UtilisationCessna 152, ULM, avions légersPiper Saratoga, Beechcraft Baron, turboprops
Astuce — l'analogie du vélo : Le petit pas, c'est comme un petit plateau sur un vélo : on pédale vite mais on n'avance pas beaucoup — parfait pour démarrer (décollage). Le grand pas, c'est le grand plateau : on pédale moins mais on avance beaucoup — parfait pour la croisière.

Phénomènes aérodynamiques de l'hélice

  • Vrillage des pales : les pales sont vrillées de l'emplanture au bout pour compenser la différence de vitesse (le bout tourne plus vite que la base). Sans vrillage, la force serait inégale le long de la pale.
  • Souffle hélicoïdal : l'air brassé par l'hélice forme une spirale qui frappe la dérive et fait tourner l'avion à gauche (sur un moteur dont l'hélice tourne dans le sens horaire vu de face). Le pilote compense avec le palonnier (pied droit).
  • Hélice en drapeau : sur un avion multimoteur ou un planeur remorqué, en cas de panne moteur, on met la pale « à plat » (parallèle au flux d'air) pour éliminer la traînée. C'est la position drapeau.
  • Hélices contrarotatives : deux hélices sur le même axe tournant en sens inverse, annulant le couple de réaction et le souffle hélicoïdal (exemples : Tupolev Tu-95, Antonov An-22).
× Piège BIA fréquent : Ne pas confondre pale (un seul élément) et hélice (l'ensemble moyeu + pales). Une hélice bipale a deux pales.

Exercice 1 — L'hélice

Réponds aux questions suivantes :

  1. Pourquoi utilise-t-on un petit pas au décollage et un grand pas en croisière ?
  2. Quel phénomène fait tourner l'avion à gauche au décollage, et comment le pilote le compense-t-il ?
  3. À quoi sert la position drapeau d'une hélice ?
  4. Pourquoi les pales d'une hélice sont-elles vrillées ?
  1. Petit pas = forte traction à basse vitesse (comme un petit plateau de vélo, on pédale vite pour démarrer). Grand pas = peu de traînée à haute vitesse (comme un grand plateau, on avance beaucoup par tour).
  2. Le souffle hélicoïdal : l'air en spirale frappe la dérive et fait tourner l'avion à gauche. Le pilote compense avec le palonnier droit (gouverne de direction).
  3. La position drapeau place la pale parallèle au flux d'air pour éliminer la traînée en cas de panne moteur (multimoteur) ou après largage du câble (planeur).
  4. Le bout de pale tourne plus vite que la base (comme sur un manège). Sans vrillage, la force serait inégale : trop forte en bout, trop faible à la base. Le vrillage compense cette différence.
À retenir : L'hélice est composée d'un moyeu et de pales. Le pas détermine la distance parcourue par tour. Petit pas = décollage, grand pas = croisière. Le souffle hélicoïdal fait dévier l'avion à gauche → compenser au palonnier. La position drapeau supprime la traînée de l'hélice.

2 Moteur à pistons — cycle 4 temps

4Temps 1Exercice

Le moteur à pistons est le moteur des avions légers (Cessna, Piper, Robin). Il fonctionne sur le cycle à 4 temps, identique en principe à un moteur de voiture.

Composition du moteur

PièceRôle
Cylindres (4 à 6)Enceintes où se produisent les explosions
PistonsSe déplacent de haut en bas dans les cylindres
BielleRelie le piston au vilebrequin — transforme le mouvement linéaire en rotation
VilebrequinArbre principal en rotation qui entraîne l'hélice
SoupapesAdmission (entrée du mélange) et échappement (sortie des gaz brûlés)
Bougies d'allumage2 par cylindre — redondance de sécurité en cas de panne d'une bougie
Moteur à quatre temps — cycle de fonctionnement
Moteur 4 temps [ANF-303]
Cycle admission-compression-combustion-échappement
Cycle 4 temps détaillé [ANF-304]

Le cycle 4 temps

TempsPistonSoupapesCe qui se passe
① AdmissionDescend ↓Admission ouverteLe mélange air + carburant entre dans le cylindre (aspiration)
② CompressionMonte ↑Toutes ferméesLe mélange est comprimé — pression et température augmentent
③ Explosion-détenteDescend ↓Toutes ferméesLes bougies allument le mélange → explosion → le piston est poussé vers le bas
④ ÉchappementMonte ↑Échappement ouverteLe piston chasse les gaz brûlés hors du cylindre
× Question BIA classique : « Parmi les 4 temps du moteur à explosion, lequel est le seul à produire de l'énergie mécanique ? » — C'est l'explosion-détente (temps 3). C'est le seul temps où le moteur reçoit de l'énergie : l'explosion pousse le piston, qui entraîne le vilebrequin. Les trois autres temps consomment l'énergie accumulée par l'élan.

Dispositions des cylindres

Les cylindres peuvent être disposés de différentes façons :

DispositionSchémaExemple / Usage
En ligneCylindres alignés verticalementMoteurs anciens, automobiles
En VDeux rangées inclinées en VMoteurs puissants (aviation WWII)
À plat (boxer)Deux rangées horizontales face à faceStandard actuel en aviation (Lycoming, Continental)
En étoile (radial)Cylindres en cercle autour du vilebrequinAvions de la WWII (Corsair, Thunderbolt), refroidissement par air optimal

Allumage : les magnétos

Chaque cylindre possède 2 bougies alimentées par 2 magnétos indépendants (gauche et droite). C'est un principe fondamental de redondance de sécurité en aviation : si un magnéto tombe en panne, l'autre prend le relais.

Le sélecteur de magnéto au cockpit possède 5 positions :

  • OFF — moteur coupé
  • LEFT — magnéto gauche seul (test)
  • RIGHT — magnéto droit seul (test)
  • BOTH — les deux magnétos actifs (position normale de vol)
  • START — démarreur électrique (lance le moteur via un petit moteur sur batterie)
Astuce : Avant le vol, le pilote teste chaque magnéto séparément (LEFT puis RIGHT). Si le régime chute de plus de 150 RPM, c'est le signe d'un magnéto défaillant → le vol est annulé.

Exercice 2 — Le cycle 4 temps

Remets les étapes du cycle dans le bon ordre et réponds aux questions :

  1. Classe dans l'ordre : Échappement — Admission — Explosion-détente — Compression.
  2. Quel est le seul temps qui fournit de l'énergie mécanique ?
  3. Combien de bougies possède un moteur 4 cylindres d'avion, et pourquoi ?
  4. Pendant quel temps les deux soupapes sont-elles fermées ? (il y en a deux)
  1. Admission → Compression → Explosion-détente → Échappement.
  2. L'explosion-détente (temps 3). C'est le seul temps où l'énergie chimique du carburant se transforme en énergie mécanique. Les trois autres temps fonctionnent grâce à l'élan accumulé.
  3. 8 bougies (2 par cylindre × 4 cylindres). La redondance de sécurité est un principe fondamental en aviation : si une bougie tombe en panne, la seconde assure l'allumage.
  4. Pendant la compression (temps 2) et l'explosion-détente (temps 3). Les soupapes doivent être fermées pour maintenir la pression dans le cylindre.
À retenir : Le cycle 4 temps : Admission → Compression → Explosion-détente → Échappement. Seul le temps 3 produit de l'énergie. Chaque cylindre a 2 bougies alimentées par 2 magnétos indépendants (sécurité). Les cylindres « à plat » sont le standard actuel en aviation légère.

3 Carburant aviation et commandes cockpit

3Manettes 1Exercice

Le carburant : Avgas 100LL

Les avions légers n'utilisent pas de kérosène (réservé aux turbines) mais de l'Avgas 100LL (100 octane, Low Lead). C'est une essence aviation à faible teneur en plomb, teintée en bleu.

PropriétéValeurConséquence pratique
Indice d'octane100Plus élevé que le SP95/SP98 automobile
Densité0,72Plus léger que l'eau → flotte au-dessus de l'eau
CouleurBleuIdentification visuelle immédiate
Astuce — la purge du matin : La nuit, de la condensation peut se former dans le réservoir. Comme l'eau est plus lourde que le carburant (densité 1 vs 0,72), elle tombe au fond du réservoir. Le matin, le pilote ouvre un petit robinet de purge sous l'aile pour vidanger les quelques gouttes d'eau avant d'envoyer du carburant pur au moteur. C'est un geste systématique de la prévol.

Alimentation : carburateur et givrage

Le carburateur mélange l'air et le carburant avant l'admission. Il comporte un rétrécissement (venturi) qui accélère l'air mais le refroidit. Par temps humide, ce refroidissement peut provoquer la formation de glace qui bloque le papillon des gaz.

Pour éviter ce givrage, le pilote active le réchauffage carburateur : l'air passe autour du moteur (chaud) avant d'entrer dans le carburateur. Les moteurs à injection ne sont pas sujets à ce problème.

Les trois manettes du cockpit

CouleurNomContrôleAction
NoireManette des gaz (throttle)Puissance moteurOuvre/ferme le papillon → plus ou moins de mélange dans le cylindre
Rouge (rose)Manette de richesse (mixture)Ratio essence/airAppauvrit le mélange en altitude (moins d'air → moins d'essence)
BleueManette de pas (prop pitch)Pas de l'hélice variablePetit pas = décollage, grand pas = croisière (absente si hélice fixe)

La richesse et l'altitude

Au sol, le mélange air-carburant est réglé pour les conditions au niveau de la mer. En montant en altitude, il y a moins d'air (densité diminue), et donc trop d'essence par rapport à l'air disponible. On dit que le mélange est trop riche → le moteur est « noyé ».

Le pilote tire progressivement la manette de richesse (rouge) pour réduire la proportion d'essence. À l'inverse, s'il appauvrit trop, le moteur s'« étouffe » (pas assez d'essence).

× Piège BIA : Le mélange idéal air/essence est de 15 g d'air pour 1 g d'essence (proportion stœchiométrique). Trop d'essence = moteur noyé. Pas assez d'essence = moteur étouffé.

Aile haute vs aile basse : l'alimentation en carburant

Sur un avion à aile haute, le réservoir est au-dessus du moteur : la gravité suffit à amener le carburant. Sur un avion à aile basse, le réservoir est sous le moteur : une pompe électrique est nécessaire pour remonter le carburant, activée notamment au démarrage et à l'atterrissage.

Exercice 3 — Carburant et commandes cockpit

Réponds aux questions suivantes :

  1. De quel couleur est le carburant Avgas 100LL, et quelle est sa densité ?
  2. Pourquoi le pilote fait-il une purge du réservoir chaque matin ?
  3. Quelle manette le pilote doit-il tirer en montant en altitude, et pourquoi ?
  4. Quel risque le carburateur présente-t-il par temps humide, et quel système le prévient ?
  1. L'Avgas 100LL est bleu, de densité 0,72 (plus léger que l'eau, donc il flotte au-dessus).
  2. La condensation nocturne dépose de l'eau au fond du réservoir (l'eau est plus lourde que le carburant). La purge évacue cette eau pour ne pas envoyer d'eau dans le moteur.
  3. La manette de richesse (rouge) : en altitude, l'air est moins dense → trop d'essence par rapport à l'air → le mélange est trop riche → on réduit la proportion d'essence pour rééquilibrer.
  4. Le givrage du carburateur : l'effet Venturi (rétrécissement) accélère et refroidit l'air, ce qui peut former de la glace sur le papillon. Le réchauffage carburateur fait passer l'air autour du moteur chaud avant l'entrée dans le carburateur.
À retenir : Avions légers = Avgas 100LL (bleu, densité 0,72). Manettes cockpit : noire = gaz, rouge = richesse, bleue = pas hélice. En altitude, on appauvrit le mélange (manette rouge). Le réchauffage carburateur prévient le givrage (effet Venturi).

4 Turboréacteurs (jet engines)

3Types 1Exercice

Le turboréacteur fonctionne sur le principe du ballon : des gaz éjectés à grande vitesse vers l'arrière propulsent l'avion vers l'avant (action-réaction). Comme le moteur à pistons, il suit les mêmes 4 phases — admission, compression, combustion, échappement — mais elles se déroulent simultanément dans des zones différentes du moteur, alignées à l'horizontale.

Turboréacteur simple flux

Architecture historique (1939, Heinkel He 178). Tout l'air passe par le cœur du moteur :

  1. Compresseur : des aubes en rotation compriment l'air entrant
  2. Chambre de combustion : le kérosène est injecté et brûlé en continu
  3. Turbine : les gaz chauds font tourner la turbine qui entraîne le compresseur (même axe)
  4. Tuyère : les gaz sont accélérés et éjectés → poussée
Principe du réacteur à simple flux
Réacteur simple flux [ANF-305]
Schéma du turboréacteur simple flux monocorps
Simple flux monocorps [ANF-306]

Turboréacteur double flux (turbofan) — le standard moderne

Un grand ventilateur (fan) à l'avant divise l'air en deux chemins :

  • Flux chaud (core) : passe par le cœur du moteur (compresseur, combustion, turbine) — ne représente que 20 % de la poussée
  • Flux froid (bypass) : contourne le cœur, propulsé directement par le fan — fournit 80 % de la poussée
Vue détaillée du turboréacteur double flux
Turboréacteur double flux [ANF-307]

Le taux de dilution (bypass ratio)

C'est le rapport entre le débit d'air froid (bypass) et le débit d'air chaud (core). Plus il est élevé, plus le moteur est économe et silencieux :

GénérationTaux de dilutionExemple
Années 19702-3:1Premiers turbofans
Années 19906-8:1CFM56 (A320, 737), GE90 (777)
Années 2015+11:1CFM LEAP (A320neo, 737 MAX, A350)
Astuce — pourquoi le double flux est moins bruyant : En sortie d'un simple flux, les gaz très rapides rencontrent l'air immobile → forte différence → bruit énorme. Avec le double flux, on a trois couches de vitesse (rapide → moyenne → immobile), ce qui atténue les turbulences sonores.
× Question BIA fréquente : « Dans un turboréacteur double flux, la majeure partie de la poussée provient de… » → du flux froid (bypass), qui représente environ 80 % de la poussée totale. C'est contre-intuitif : la partie qui semble la moins « puissante » fournit le plus de poussée !

Exercice 4 — Turboréacteurs

Réponds aux questions suivantes :

  1. Quelles sont les 4 zones successives d'un turboréacteur simple flux ?
  2. Dans un double flux, quel pourcentage de la poussée fournit le flux froid (bypass) ?
  3. Un moteur CFM LEAP a un taux de dilution de 11:1. Que signifie ce chiffre concrètement ?
  4. Cite deux avantages du turboréacteur double flux par rapport au simple flux.
  1. Compresseur → Chambre de combustion → Turbine → Tuyère. C'est l'équivalent horizontal du cycle 4 temps : admission, compression, combustion, échappement.
  2. 80 % de la poussée provient du flux froid. Les 20 % restants viennent du flux chaud (le cœur).
  3. Le taux de dilution 11:1 signifie que pour 1 kg d'air passant par le cœur, 11 kg d'air passent par le bypass (contournent le cœur). C'est un moteur très économe.
  4. Moins bruyant (trois couches de vitesse atténuent le bruit) et plus économe en carburant (30 à 40 % de moins qu'un simple flux), grâce à la poussée fournie par le flux froid à basse vitesse.
À retenir : Un turboréacteur = compresseur → combustion → turbine → tuyère. Le double flux (turbofan) est le standard : le flux froid fournit 80 % de la poussée, il est plus silencieux et plus économe. Le taux de dilution (bypass ratio) augmente avec les générations : de 2:1 (1970) à 11:1 (LEAP, 2015+).

5 Turbopropulseur, statoréacteur et autres moteurs

5Types de moteur

Turbopropulseur (turboprop)

C'est un réacteur qui entraîne une hélice. La turbine fait tourner un axe relié à l'hélice via un réducteur (comme les plateaux d'un vélo : la turbine tourne très vite mais l'hélice a besoin de couple plutôt que de vitesse).

Le turbopropulseur — moteur turbine entraînant une hélice
Le turbopropulseur [ANF-308]
CaractéristiqueDétail
Poussée~85 % par l'hélice, ~15 % par l'échappement des gaz
Sortie des gazVers le bas (comme un pot d'échappement), pas dans l'axe
Vitesse300-800 km/h (avions régionaux)
ExemplesATR 42/72, Bombardier Q400, Saab 340

Turbomoteur (turboshaft) — hélicoptères

Même principe que le turbopropulseur, mais l'arbre entraîne le rotor principal d'un hélicoptère (et le rotor anti-couple). La boîte de vitesses réductrice abaisse la vitesse de rotation. Exemple : Turbomeca Arriel (Airbus Helicopters).

Le turbomoteur — principe pour hélicoptères
Le turbomoteur [ANF-309]
Schéma détaillé du turbomoteur
Turbomoteur détaillé [ANF-310]

Statoréacteur (ramjet)

Moteur sans aucune pièce tournante. L'air est comprimé uniquement par la vitesse de l'engin (compression dynamique). Il ne fonctionne qu'à haute vitesse (Mach 0,5 minimum, optimal au-delà de Mach 3). Utilisé principalement sur les missiles.

Le statoréacteur — compression dynamique sans pièces tournantes
Le statoréacteur [ANF-311]

Pulsoréacteur

Variante du statoréacteur avec un volet à l'entrée d'air qui génère des cycles répétés de combustion (ouverture → admission → combustion → fermeture → éjection). Historiquement utilisé sur les V1 de la Seconde Guerre mondiale. Simple mais bruyant et peu efficace.

Inverseur de poussée (thrust reverser)

Dispositif qui redirige le flux des réacteurs vers l'avant pour freiner l'avion après l'atterrissage. Très efficace mais coûteux en kérosène. S'ajoute aux freins classiques et aux aérofreins (spoilers).

Astuce : Sur un Boeing 777, ne pas utiliser les reverses permet d'économiser jusqu'à 80 kg de kérosène par atterrissage. Quand la longueur de piste le permet, les pilotes se contentent des freins et des aérofreins.
À retenir : Le turbopropulseur = réacteur + hélice + réducteur (ATR, Q400). Le turbomoteur = même principe pour hélicoptères. Le statoréacteur n'a aucune pièce tournante (missiles, Mach 3+). Le pulsoréacteur = volet d'entrée d'air, V1 WWII. L'inverseur de poussée redirige le flux vers l'avant pour freiner.

6 Synthèse comparative et quiz

1Exercice 10QCU quiz

Tableau comparatif : piston vs turbine

CritèreMoteur à pistonsTurboréacteur (turbofan)Turbopropulseur
PropulsionHélice (traction)Éjection de gaz (réaction)Hélice + gaz résiduels
CarburantAvgas 100LL (essence)Kérosène (Jet A-1)Kérosène (Jet A-1)
Vitesse100-350 km/h800-950 km/h300-800 km/h
Altitude~5 000 m max12 000-13 000 m~7 500 m
Avion typeCessna 172, Piper PA-28A320, Boeing 737/777ATR 72, Q400
AvantageSimple, économiquePuissant, haute altitudeBon compromis, économe

Exercice 5 — Étude de cas : comment un Boeing 777 freine-t-il ?

Un Boeing 777-300ER atterrit sur une piste de 3 000 m à une vitesse de 260 km/h. Décris les trois moyens de freinage dont dispose le pilote et explique dans quel ordre il les utilise :

  1. Quel dispositif est le plus efficace mais le plus coûteux en carburant ?
  2. Quels éléments sur les ailes cassent la portance pour plaquer l'avion au sol ?
  3. Quel système freine les roues du train principal ?
  4. Si la piste est suffisamment longue, quel dispositif le pilote peut-il ne pas utiliser pour économiser 80 kg de kérosène ?
  1. L'inverseur de poussée (reverse). Il redirige le flux des réacteurs vers l'avant. Très efficace aux hautes vitesses mais consomme ~80 kg de kérosène par atterrissage.
  2. Les spoilers (aérofreins / destructeurs de portance). Panneaux sur l'extrados des ailes qui se lèvent dès le toucher pour casser la portance résiduelle et transférer le poids sur les roues.
  3. Les freins à disque sur les roues du train principal, souvent assistés par un système anti-dérapage (antiskid) similaire à l'ABS automobile.
  4. L'inverseur de poussée. Sur piste longue, les freins et les spoilers suffisent. L'économie de 80 kg de kérosène par atterrissage représente une économie significative sur des milliers de vols.
Bilan de l'atelier : Les avions légers utilisent des moteurs à pistons (cycle 4 temps, Avgas 100LL, hélice). Les avions de ligne modernes utilisent des turboréacteurs double flux (80 % poussée par le bypass, kérosène). Les avions régionaux utilisent des turbopropulseurs (hélice + turbine). Chaque type est optimisé pour une plage de vitesse et d'altitude.

Quiz — Moteurs et propulsion (10 QCU)

Scanne le QR code ou clique sur le lien pour lancer le quiz de l'atelier 3.

▶ Lancer le quiz en ligne
Prochain atelier : En atelier 4, tu étudieras les instruments de bord et le cockpit : le T basique, l'anémomètre, l'altimètre, les calages altimétriques (QNH, QFE, 1013) et les instruments gyroscopiques.