▯ Météorologie et aérologie — Cours

Maj 18 avr. 2026
Source : Manuel BIA 2021, p. 117-162

La météorologie en aéronautique repose sur la compréhension des variations de température, de pression atmosphérique et des vents, qui influencent directement la sécurité et les performances des vols. Ce cours aborde les compétences essentielles comme le calcul des altitudes réelles à partir des QNH/QFE, l’analyse des cartes isobares pour anticiper la direction et la vitesse des vents via la règle de Buys-Ballot, ainsi que les impacts sur le carburant et les atterrissages.

Programme et plan du cours

Ce cours couvre l'intégralité du chapitre 3 du programme BIA officiel. — ○ 3 h 30 – 4 h 00 · 3 × 60 min

Conseil : Retenez les valeurs ISA (15 °C, 1013,25 hPa), les gradients, les préfixes nuages et les codes METAR.

1 Température, pression et vent

I. L'atmosphère

A. Qu'est-ce que l'atmosphère ?

L'atmosphère est l'enveloppe gazeuse qui entoure la Terre, sur quelques centaines de kilomètres (80 à 120 km). Elle est divisée en plusieurs couches d'épaisseur variable, dont les limites ont été fixées en fonction de l'altitude. De haut en bas :

CoucheAltitudeCaractéristiques
Thermosphère≈ 80 – 500 à 1000 km (variable)ISS (380 km), satellites GPS, SPOT en orbite « basse ».
Mésosphère50 – 80 kmTempérature min. ≈ −100 °C. Les météorites brûlent ici.
StratosphèreTropopause (~11 km) – 50 kmCouche d'ozone. Température augmente avec l'altitude.
TroposphèreSol – ~11 km (zone tempérée)Tous les phénomènes météo. Limite supérieure = tropopause.

À de rares exceptions près (supersoniques, certains jets d'affaires), les avions commerciaux évoluent dans la troposphère. Les phénomènes météorologiques sont localisés dans la troposphère. C'est la couche pour les vols personnels et commerciaux !

À 100 km d'altitude, on trouve la limite de Kármán. On considère qu'au-delà, l'impact de l'atmosphère sur les objets en mouvement est négligeable. C'est le début de l'espace !

Couches de l'atmosphère — troposphère, stratosphère, mésosphère, thermosphère
Les couches de l'atmosphère [MET-101]
Structure verticale de l'atmosphère : couches et altitudes caractéristiques
Structure verticale de l'atmosphère [MET-102]

B. Composition de l'atmosphère

L'air atmosphérique est un mélange d'air sec, de vapeur d'eau et de poussières. L'air sec (99,97 %) est composé de :

  • Diazote (N₂) : 78 %
  • Dioxygène (O₂) : 21 %
  • Argon (Ar) : 0,9 %
  • + traces d'hélium, CO₂, H₂

La vapeur d'eau, très variable (de 0 à 4 %), joue un rôle capital dans le climat et les phénomènes météorologiques, bien plus abondante en zone humide ou tropicale qu'en altitude ou en zone désertique.

C. L'atmosphère « standard » (ISA)

Pour les besoins de l'aéronautique, il a été nécessaire de « figer » l'atmosphère en une atmosphère moyenne, dite International Standard Atmosphere (ISA). Cela permet de décrire les performances des aéronefs et de les localiser dans le plan vertical.

Tableau des valeurs ISA : température, pression et masse volumique par altitude Atmosphère standard ISA : tableau des valeurs [MET-103]
ISA au niveau de la mer T = 15 °C P = 1 013,25 hPa ρ = 1,225 kg/m³
Tropopause 11 km — Gradient : −6,5 °C / 1 000 m (soit −2 °C / 1 000 ft)
Au-delà de 11 km Température constante = −56,5 °C (stratosphère)
Humidité nulle en ISA. La masse volumique diminue avec l'altitude (baisse de pression et de température).

D. Grandeurs météorologiques fondamentales

La température est l'une des grandeurs principales en météorologie. Elle dépend de l'ensoleillement, de l'altitude, de la latitude, des saisons et du moment de la journée.

L'humidité et le point de rosée jouent un rôle central dans la formation des nuages et du brouillard (développé en Partie 2).

La pression atmosphérique est la force exercée par la colonne d'air sur une surface. Elle s'exprime en hectopascals (hPa, anciennement millibars). Au niveau de la mer, la pression standard internationale est de 1 013,25 hPa. Ne pas confondre mètres et feet !

II. La température et les échanges thermiques

A. La température

En France, la mesure des températures est établie en degré Celsius (°C). L'unité internationale de température est le Kelvin : K = °C + 273,15. Le zéro absolu (0 K) correspond à −273,15 °C.

B. Variations de température

  • Variations annuelles : La durée d'ensoleillement varie en fonction de la position de la Terre sur son orbite et de l'angle d'incidence des rayons solaires (axe de la Terre incliné de 23°27'). Décalage d'environ 1 mois par rapport aux solstices. L'amplitude annuelle varie avec la latitude.
  • Variations quotidiennes : Température minimum environ ½ h après le lever du soleil ; maximum 2 h après le passage du soleil à la verticale du lieu. Variations locales liées à la nature du sol et à la nébulosité.
Incidence des rayons solaires aux solstices d'été et d'hiver Incidence des rayons solaires aux solstices [MET-104]

C. Échanges thermiques

Il existe 3 formes d'échanges thermiques :

  • Conduction : par contact matériel.
  • Convection (mouvement vertical) ou advection (mouvement horizontal) : par brassage de fluide.
  • Rayonnement : par émission et propagation d'ondes électromagnétiques (lumière visible ou infrarouge).

Le rayonnement solaire est partiellement absorbé par la surface de la Terre, qui le rediffuse sous forme d'infrarouges vers les basses couches de l'atmosphère.

Schéma des échanges thermiques : conduction, convection, rayonnement
Modes d'échanges thermiques [MET-105]
Bilan radiatif de la Terre et de l'atmosphère
Bilan radiatif terrestre [MET-106]
Échanges d'énergie dans l'atmosphère : rayonnement solaire, infrarouge terrestre, conduction et convection Échanges d'énergie dans l'atmosphère [MET-107]

III. La pression et le vent

A. La pression de l'atmosphère

La force exercée par le gaz sur une surface est due aux chocs des molécules. Sur Terre, la pression est principalement due au poids de l'air situé au-dessus de nous.

La pression se mesure en Pascal (Pa) ; en météorologie on utilise l'hectopascal (hPa) ou le bar (1 hPa = 100 Pa ; 1 000 hPa = 1 bar).

La pression diminue quand on s'élève en altitude :
Gradient (alt. < 10 000 ft) : −1 hPa pour 28 ft (≈ 8,5 m)

La pression varie naturellement avec l'altitude mais aussi sous l'effet des systèmes météorologiques. À l'altitude du Mont Blanc (4 800 m), elle n'est plus qu'aux deux tiers environ de celle du niveau de la mer, et à 12 000 m elle tombe à moins du quart de son niveau initial. Les dépressions (vastes zones de basses pressions, parfois associées aux tempêtes) sont opposées aux anticyclones (hautes pressions, temps calme). La variabilité diurne (marées atmosphériques) influe également sur la pression, mais dans de moindres proportions, tout comme la température extérieure.

Pression atmosphérique : poids de la colonne d'air et variation avec l'altitude Pression = poids de la colonne d'air [MET-108]

B. La mesure de la pression

La pression atmosphérique se mesure à l'aide d'un baromètre (à mercure de type Torricelli, où la hauteur de la colonne indique la pression, ou anéroïde, utilisant une capsule métallique déformable). Le barographe, version enregistreuse du baromètre, trace l'évolution de la pression au fil du temps.

Sur une carte, on peut voir ces pressions atmosphériques former des lignes appelées isobares. Sur une ligne isobare, la pression atmosphérique est toujours la même. Plus ces isobares sont proches, plus le changement de pression d'une zone à l'autre est rapide — et plus les vents sont forts.

Baromètre à mercure, baromètre anéroïde et barographe Baromètres (à mercure et anéroïde) et barographe [MET-109]

C. Les calages altimétriques

CalageRéférenceIndication altimètre
QFE (obsolète)Pression au niveau de l'aérodromeHauteur entre l'aérodrome et l'avion
QNHPression au niveau de la merAltitude de l'avion par rapport à la mer
1013 hPa (QNE)Pression standard au niveau de la merNiveau de vol (Flight Level)
Schéma comparatif des calages QFE, QNH et 1013
Les trois calages altimétriques [MET-110]
Schéma détaillé des calages altimétriques : QFE, QNH, altitude pression et niveaux de vol
Calages altimétriques et niveaux de référence [MET-111]

La gestion des différents calages de l'altimètre est essentielle pour garantir le niveau de vol et la sécurité. Les écarts de pression peuvent engendrer des erreurs d'altitude importantes en cas de mauvais réglage (parfois plusieurs centaines de mètres !). L'exactitude du calage est cruciale pour l'aviation (risques de collision, mauvaise gestion du relief…). Ce sont d'ailleurs les aviateurs de la Première Guerre mondiale qui ont été les premiers à demander ces points de référence.

Exemple de calage QFE

Ce calage est utilisé pour des vols limités autour d'un aérodrome dans un champ de pression constant. On parle alors de vol VFR. Le problème : le pilote connaît sa position par rapport au sol mais pas l'altitude d'un obstacle. En effet, sur les cartes de navigation, les altitudes sont exprimées par rapport au niveau de la mer.

Exemple de calage QFE : l'altimètre affiche 0 au sol de l'aérodrome Calage QFE : altitude par rapport au terrain [MET-130]
Exemple de calage QNH

Ce calage se fait par rapport au niveau de la mer. Cela permet des vols VFR sur des distances plus grandes. Le pilote demande au contrôle aérien ou à l'ATIS la pression atmosphérique du jour de l'aérodrome puis il indique cette valeur dans la fenêtre de son altimètre.

Exemple de calage QNH : l'altimètre affiche l'altitude par rapport au niveau de la mer Calage QNH : altitude par rapport au niveau de la mer [MET-131]
Exemple de calage QNE (1013,25 hPa)

Ce calage est utilisé pour des vols sur de longues distances qui traversent des lignes de pressions très variées. C'est le cas de tous les vols commerciaux en croisière. Les avions ne risquent pas la collision s'ils suivent l'indication du contrôle aérien, chaque avion volant à un niveau de vol (FL) différent basé sur le même calage standard.

Exemple de calage QNE : niveaux de vol (Flight Levels) basés sur 1013,25 hPa Calage QNE : niveaux de vol (Flight Levels) [MET-132]
× Exemple de risque de collision : Si deux avions volent au même FL060 mais avec des calages différents, ils peuvent en réalité être à des altitudes très différentes. Sans changement de calage, il y a un risque de collision. C'est pourquoi le contrôle aérien impose un calage commun.

En fonction du moment du vol, le pilote doit passer d'un calage à l'autre : calage QNH au décollage et à l'atterrissage (pour connaître son altitude réelle), puis calage standard 1 013 hPa (QNE) au-dessus de l'altitude de transition pour les niveaux de vol en croisière.

Transition entre calages QNH et QNE pendant les phases de vol Transition entre calages pendant les phases de vol [MET-133]
QNH, QFE : principes du calage altimétrique [MET-V01]
Fonctionnement de l'altimètre [MET-V02]

D. Mesure, direction et observation du vent

L'unité internationale de vitesse est le m/s, mais en aéronautique on utilise le nœud (kt).

1 kt = 1 mille nautique / heure = 1,852 km/h ≈ 0,5 m/s
  • La direction du vent indique toujours sa provenance.
  • La direction se mesure avec une girouette (en degrés, sens horaire) ; la vitesse avec un anémomètre.
  • Sur un aérodrome, on utilise une manche à air : chaque bande rouge ou blanche symbolise 5 kt. Selon son inclinaison, on identifie à la fois la force et la direction du vent.
  • En altitude, le vent est mesuré par suivi radar de ballons-sondes ou par images satellites. Des cartes spécifiques, les cartes WINTEM, indiquent le sens et la force du vent prévus à différents niveaux de vol.
Exemples de notation du vent : direction et vitesse en nœuds
Notation du vent : direction et vitesse en nœuds [MET-112]
Lecture de la manche à air — inclinaison indiquant force et direction du vent
Lecture de la manche à air : force et direction [MET-113]
Rose des vents et symboles de barbules
Représentation du vent : direction et barbules [MET-114]

Sur les cartes WINTEM, des symboles permettent d'identifier la vitesse et le sens du vent. Les vents soufflent depuis l'empennage (les traits symbolisant la plume de la flèche) vers la pointe : plus il y a de plumes sur la flèche, plus le vent est fort. Le minimum de vent est représenté par un point noir (vent ne dépassant pas 5 nœuds). Le maximum de vent est représenté par un triangle noir (cyclone).

Symboles de vent sur les cartes WINTEM : barbules et lecture de la vitesse en nœuds
Symboles de vent sur les cartes : barbules et vitesse [MET-115]
Exemple de lecture d'une carte WINTEM : vents et températures prévues par niveau de vol
Lecture d'une carte WINTEM [MET-116]

Sur cette carte on observe ces symboles mais aussi des chiffres qui représentent la température à l'altitude concernée. Par exemple, sur la zone Paris à FL020, le vent est de nord-est avec une vitesse d'environ 30 kt et la température à 2 000 ft est de 5 °C.

E. Les champs de pression

TermeDéfinitionSymbole
AnticycloneZone de hautes pressionsA ou H
DépressionZone de basses pressionsD ou L
MaraisZone sans variation significative (≈ 1013 hPa)
IsobaresLignes reliant les points de pressions égales
DorsaleCrête de hautes pressions
TalwegVallée de basses pressions

Les différences de pressions sont à l'origine du vent. Celui-ci circule toujours des hautes pressions vers les basses pressions. Le vent est d'autant plus fort que les isobares sont resserrées.

Carte isobarique : anticyclone, dépression, dorsale, talweg, col et marais barométrique
Champs de pression : isobares, dorsale, talweg et col [MET-117]
Circulation des vents autour d'un anticyclone et d'une dépression dans l'hémisphère Nord
Circulation des vents autour d'un anticyclone (A) et d'une dépression (D) [MET-118]

Une masse d'air est une immense étendue d'air aux caractéristiques homogènes de température et d'humidité. Les principales masses d'air qui influencent la France proviennent de l'Atlantique (maritime, douce ou humide), du Nord (polaire, froide et sèche) ou du Sud (tropicale, chaude et humide). Chaque changement de masses d'air entraîne des modifications parfois brutales du temps.

Un anticyclone est une zone de haute pression atmosphérique souvent associée à un temps sec, sans nuage et donc ensoleillé. Il se caractérise par le mouvement descendant de masses d'air froid qui augmente la pression au sol et empêche la formation des nuages. Cela donne des ciels généralement dégagés avec une atmosphère stable.

Une dépression (ou cyclone) est une région de l'atmosphère caractérisée par une pression atmosphérique plus basse que celle de l'ensemble des régions adjacentes situées à la même altitude. Les dépressions sont généralement accompagnées de mauvais temps : vents forts et précipitations.

Anticyclone et dépression vus en coupe : circulation des vents et isobares Anticyclone et dépression : circulation des vents [MET-119]

Sur les cartes de surface, les champs de pression révèlent d'autres structures caractéristiques allongées : la dorsale (crête de hautes pressions) et le talweg (vallée de basses pressions), séparées parfois par un col ou un marais barométrique (zone sans gradient significatif).

Isobares : dorsale, talweg, col et marais barométrique sur une carte de surface Isobares : dorsale, talweg, col et marais barométrique [MET-120]
Dorsale (ridge) :
Structure : C'est une excroissance ou une « extension » anticyclonique.
Temps associé : Elle est généralement synonyme de temps stable, clair et sec (subsidence).
Position : Elle s'intercale fréquemment entre deux thalwegs (zones de basse pression).
Évolution : Contrairement aux anticyclones fermés, elle est mobile et peut se déplacer rapidement.
Aérologie : En altitude, elle correspond à une crête barométrique.
Dorsale sur une carte isobarique — extension d'un anticyclone
Dorsale : crête de hautes pressions [MET-121]
Talweg (ou Thalweg) :
Structure : Il s'agit d'une zone en forme de « V » ou « U » sur les cartes isobariques, où la pression est plus faible que dans son environnement immédiat.
Opposition : Il est l'opposé de la dorsale (zone de haute pression allongée).
Dynamique : Dans l'hémisphère Nord, il se déplace généralement d'ouest en est, souvent dirigé du nord vers le sud, provoquant des dégradations du temps.
Effets : Associé à de l'air froid en altitude, il provoque la condensation, la formation de nuages (cumulonimbus), des averses et une baisse de la température.
Talweg sur une carte isobarique — vallée de basses pressions
Talweg : vallée de basses pressions [MET-122]

Force de Coriolis et loi de Buys-Ballot

La rotation de la Terre dévie le vent vers la droite dans l'hémisphère Nord et vers la gauche dans l'hémisphère Sud : c'est la force de Coriolis, conséquence directe de la rotation terrestre appliquée aux masses d'air.

La loi de Buys-Ballot en découle : un observateur situé dans l'hémisphère Nord, placé dos au vent, a la dépression à sa gauche et l'anticyclone à sa droite. Dans l'hémisphère Sud, la position des zones de pression est inversée.

  • Hémisphère Nord : le vent tourne dans le sens des aiguilles d'une montre autour d'un anticyclone, et en sens contraire autour d'une dépression.
  • Hémisphère Sud : les sens de rotation sont inversés.

Cette loi fut nommée en l'honneur de Christoph Buys-Ballot, qui la publia en novembre 1857. Si Ferrel fut le premier à la théoriser, Buys-Ballot en trouva le premier une validation empirique.

Les frottements réduisent la vitesse du vent près de la surface et diminuent la déviation de Coriolis.

Le saviez-vous ? Les pilotes de ligne utilisent la loi de Buys-Ballot en permanence : en connaissant la direction du vent, ils peuvent localiser les zones de basse et haute pression sans instrument, uniquement par observation directe.
Force de Coriolis : déviation des masses d'air dans les hémisphères Nord et Sud
Force de Coriolis : déviation des masses d'air [MET-123]
Loi de Buys-Ballot — rotation des vents dans les hémisphères Nord et Sud
Loi de Buys-Ballot : rotation des vents selon l'hémisphère [MET-124]
Astuce pilote : L'étude des données vent (METAR, WINTEM) permet d'optimiser la consommation de carburant. Les pilotes choisissent leur niveau de vol pour maximiser le vent arrière ou limiter le vent de face. Voler au FL100 au lieu du FL50 peut représenter 10 % d'économie de carburant !

◦ Points clés — Partie 1

  • ISA : 15 °C, 1013,25 hPa, ρ = 1,225 kg/m³ au niveau de la mer ; gradient −6,5 °C/1 000 m, −1 hPa/28 ft.
  • Troposphère (sol → ~11 km) = lieu de toute la météo ; tropopause = limite supérieure. Limite de Kármán = 100 km (début de l'espace).
  • Le vent va des hautes vers les basses pressions ; force de Coriolis → déviation à droite (hémisphère N).
  • Loi de Buys-Ballot (1857) : dos au vent, dépression à gauche, anticyclone à droite (hémisphère N).
  • Calages : QFE (aérodrome), QNH (mer), 1013 (Flight Level). 1 kt = 1,852 km/h.
  • Vent : direction = provenance. Girouette + anémomètre au sol, manche à air (5 kt/bande).

→ La Partie 2 s'appuie sur ces bases pour expliquer la formation des nuages et des fronts.

Checkpoint — Vérifiez vos acquis

1. Quelles sont les valeurs ISA au niveau de la mer (température, pression, masse volumique) ?

Voir la réponse

T = 15 °C, P = 1 013,25 hPa, ρ = 1,225 kg/m³.

2. Quelle est la différence entre le QFE, le QNH et le calage 1013 ?

Voir la réponse

QFE = pression au niveau de l'aérodrome (altimètre à 0 au sol). QNH = pression ramenée au niveau de la mer (altimètre indique l'altitude). 1013 = calage standard pour les niveaux de vol (FL).

3. En appliquant la loi de Buys-Ballot dans l'hémisphère Nord, où se trouve la dépression si vous tournez le dos au vent ?

Voir la réponse

La dépression se trouve à votre gauche et l'anticyclone à votre droite.

2 Nuages, précipitations et conditions de vol

En Partie 1, nous avons étudié l'atmosphère, la pression et le vent. Nous allons maintenant voir comment l'humidité et la température interagissent pour former les nuages, les précipitations et les fronts, ainsi que leurs impacts sur les conditions de vol.

I. Humidité atmosphérique et processus de formation des nuages

A. Le gradient de température dans la troposphère

Dans la troposphère (jusqu'à ~11 km), la température diminue en moyenne de 6,5 °C par km d'altitude (soit environ 2 °C tous les 1 000 pieds) — c'est le gradient ISA rappelé en Partie 1. Ce refroidissement est dû à la baisse de pression, qui dilate l'air (refroidissement adiabatique), et à l'éloignement de la surface terrestre qui réchauffe l'atmosphère.

Graphique du gradient de température dans la troposphère : 6,5 °C par km d'altitude Gradient de température dans la troposphère [MET-230]

B. Humidité atmosphérique

Le gradient d'humidité atmosphérique désigne la diminution de la teneur en vapeur d'eau avec l'altitude : l'air est beaucoup plus sec en altitude qu'au niveau de la mer. Parallèlement, le gradient adiabatique humide décrit le refroidissement moindre de l'air saturé qui monte (~0,5 °C/100 m, soit ~1,5 °C/1 000 ft), car la condensation libère de la chaleur latente. Cette humidité se mesure avec un hygromètre.

L'humidité absolue diminue rapidement avec l'altitude : à 3 000 mètres, elle est en moyenne trois fois plus faible qu'au niveau de la mer.

L'humidité relative varie fortement. En montagne, elle peut passer de très élevée (plus de 90 % la nuit) à très faible (moins de 20 % en milieu de journée) en raison du réchauffement de l'air. Par ailleurs, lorsqu'une parcelle d'air saturée d'eau s'élève, elle se refroidit moins vite qu'un air sec (gradient adiabatique sec d'environ 1 °C/100 m). Cela est dû à la libération de chaleur latente lors de la condensation (formation de nuages).

La vapeur d'eau est de l'eau à l'état gazeux contenue dans l'air. Pour un volume donné, plus la température est élevée, plus l'air peut contenir de vapeur d'eau :

TempératureEau max. / kg d'air
0 °C5 g
20 °C15 g
30 °C22 g
Humidité relative = masse de vapeur d'eau réelle / masse de vapeur maximale × 100 %

L'air humide est moins dense que l'air sec : l'humidité influence donc la pression atmosphérique. Toutes ces variations vont être à l'origine de la formation des nuages.

Diagramme de l'air humide : courbes de saturation, température de rosée et humidité relative Diagramme de l'air humide [MET-231]

Le graphique ci-dessus montre l'évolution de l'état de l'air sur le diagramme de l'air humide : pour un air à 20 °C, 50 % d'HR et 1 013 hPa, la condensation apparaît lorsque la température est réduite à 10 °C ou moins (à pression constante).

C. Le point de rosée

Le point de rosée est la température à laquelle l'air doit être refroidi pour que l'humidité relative atteigne 100 %. Plus la température mesurée se rapproche du point de rosée, plus l'humidité relative augmente.

Lorsque la température atteint le point de rosée → saturation (humidité = 100 %) → condensation : de fines gouttelettes se forment autour de poussières en suspension.

Une autre façon d'atteindre la saturation est d'enrichir l'air en vapeur d'eau (étendue d'eau, surface humide, transport d'air humide par le vent).

D. Changements d'état et chaleur latente

L'eau existe sous trois états dans l'atmosphère :

  • Solide : glace, givre, neige.
  • Liquide : pluie, brouillard.
  • Gazeux : vapeur d'eau (invisible).

L'énergie qu'il faut fournir (ou qui est restituée) pour faire changer d'état 1 kg d'eau s'appelle la chaleur latente. L'eau refroidie en dessous de 0 °C se solidifie (neige, glace) ; l'inverse est la fusion.

Surfusion : Dans l'atmosphère, les gouttelettes d'eau restent souvent liquides en dessous de 0 °C. Ce phénomène est courant dans le brouillard et les nuages, avec des gouttelettes surfondues jusqu'à −40 °C.
Traînée de condensation : Condensation de la vapeur d'eau émise par les moteurs à très haute altitude. Les gouttes deviennent des cristaux de glace formant des traînées blanches derrière l'avion.
Le saviez-vous ? La surfusion est un phénomène si courant en altitude que la majorité des nuages entre 0 °C et −15 °C contiennent principalement de l'eau liquide, pas de glace ! C'est ce qui rend le givrage si dangereux pour les avions : les gouttelettes surfondues gèlent instantanément au contact de la cellule.
Diagramme des changements d'état de l'eau : évaporation, condensation, sublimation, fusion
Changements d'état de l'eau et chaleur latente [MET-201]
Traînée de condensation derrière un avion
Traînée de condensation (contrail) [MET-202]

E. Formation des nuages : la détente adiabatique

Pour comprendre la formation des nuages, il faut comprendre le principe de la détente adiabatique : quand une bulle d'air (masse d'air) s'élève en altitude, il n'y a pas d'échange de chaleur entre elle et l'air ambiant.

Le processus de formation débute par l'ascension d'air humide : soit via la convection (air chauffé au sol), soit via un soulèvement frontal ou orographique (relief). En montant, l'air se refroidit adiabatiquement : au point de rosée, la condensation débute, et de fines gouttelettes d'eau forment le nuage. Les particules en suspension (aérosols, poussières) servent de noyaux de condensation. Le refroidissement peut être amplifié lors du passage d'une masse d'air au-dessus d'une montagne ou en interaction avec un front.

Principe de la détente adiabatique : la température diminue avec l'altitude (T₂ < T₁ < T₀) Principe de la détente adiabatique : T₂ < T₁ < T₀ [MET-232]

Ainsi, lorsque la bulle s'élève, la pression atmosphérique baissant, les molécules d'air prennent plus de place (la bulle s'étale) et la température à l'intérieur de la bulle diminue (−3 °C/1 000 ft). On parle de détente adiabatique sèche.

L'élévation est conditionnée par la différence entre le gradient thermique de l'atmosphère (2 °C/1 000 ft en atmosphère standard) et le gradient de détente adiabatique sèche. L'élévation de la bulle d'air continue jusqu'à ce que sa température devienne inférieure à la température de l'air ambiant, atteignant ainsi le point de condensation, point de départ de la formation du nuage. Au BIA, on considère 2 cas : l'atmosphère stable et l'atmosphère instable.

Schéma de formation d'un nuage par convection et détente adiabatique Convection et formation des nuages [MET-203]

F. Stabilité et instabilité

La forme des nuages dépend de la stabilité de la masse d'air :

Masse d'air stableMasse d'air instable
Baisse de température régulière. L'air chaud se soulève jusqu'au point de condensation puis il y a arrêt de l'ascendance → formation de nuages stratiformes (préfixe STRAT ou suffixe STRATUS). Un élément externe comme un relief peut néanmoins prolonger l'ascension. Baisse de température régulière mais rapide. Le nuage cumuliforme (préfixe CUMULO ou suffixe CUMULUS) se forme et continue à s'élever en bourgeonnant jusqu'à ce que sa température devienne inférieure à l'air ambiant.
Atmosphère stable : gradient atmosphère standard −2 °C/1 000 ft, gradient adiabatique −3 °C/1 000 ft, arrêt de la montée à 3 000 ft
Atmosphère stable : arrêt de la montée et formation du nuage [MET-233]
Atmosphère instable : gradient atmosphère non standard −4 °C/1 000 ft, gradient adiabatique −3 °C/1 000 ft, poursuite de la montée
Atmosphère instable : poursuite de la montée [MET-234]
Nuages stratiformes (stratus) en couches dans une atmosphère stable
Atmosphère stable → stratus [MET-204]
Nuages cumuliformes (cumulus) en amas dans une atmosphère instable
Atmosphère instable → cumulus [MET-205]

II. Classification des nuages : forme et étage

L'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), créée en 1950 et siégeant à Genève, gère la classification des nuages (Atlas de la Météorologie, créé en 1956, révisé en 2017).

Il existe 10 genres de nuages, organisés par altitude et forme :

ÉtageAltitudeCompositionGenres
Élevé (préfixe « Cirro »)> 6 kmCristaux de glaceCirrus (Ci), Cirrocumulus (Cc), Cirrostratus (Cs)
Moyen (préfixe « Alto »)2 – 6 kmGlace et/ou gouttelettesAltocumulus (Ac), Altostratus (As)
Bas (pas de préfixe)Sol – 2 kmEau liquideStratus (St), Stratocumulus (Sc), Nimbostratus (Ns)
Développement verticalSol – 15 km+MixteCumulus (Cu), Cumulonimbus (Cb)
Stratus = en couche, étendu (atmosphère stable).
Cumulus = amas moutonneux (atmosphère instable).
Cirrus = en filament (très haute altitude).
Nimbus = porteur de pluie (préfixe NIMBO ou suffixe NIMBUS indiquant la précipitation et le mauvais temps).
Classification des 10 genres de nuages par altitude et stabilité
10 genres de nuages par altitude et stabilité [MET-207]
Photographies des 10 genres de nuages classés par altitude
Les 10 genres de nuages en photos [MET-208]
  • Nuages élevés (6-13 km) : cirrus (traînées filamenteuses blanches, soleil visible), cirrostratus (voile lumineux, halos autour du soleil/lune), cirrocumulus.
  • Nuages moyens (2-6 km) : altostratus (voile gris, soleil atténué), altocumulus (petits flocons ronds « moutons »).
  • Nuages bas (0-2 km) : stratus (couche grise, plafonds bas, brouillard), stratocumulus, cumulus (bouffées blanches isolées par ciel bleu, météo stable).

Le cumulonimbus (Cb)

Il arrive que des nuages aient une grande distribution verticale en raison d'une masse d'air instable. Le plus dangereux reste le cumulonimbus qui prend la forme d'une enclume dépassant le plafond des nuages. C'est un phénomène local. Ce type de nuages est dangereux pour le vol avec de la pluie et parfois de la grêle, des vents de cisaillement et de nombreuses turbulences avec des orages.

Photographie d'un cumulonimbus en forme d'enclume avec précipitations Cumulonimbus en enclume déversant des précipitations [MET-235]
Timelapse — Formation d'un Cumulonimbus [MET-V03]

Niveau de danger des nuages

Pour le pilote, les nuages se répartissent en 3 catégories selon le danger qu'ils représentent :

NiveauNuagesImplication pour le vol
Sans danger réelCirrus, Cirrostratus, Cirrocumulus, Cumulus (Cu)Peuvent annoncer un changement de situation météo (Cu = beau temps isolé)
DifficultésAltostratus, Nimbostratus, Stratus, Stratocumulus, AltocumulusAnnoncent souvent une baisse de visibilité et des précipitations
Dangereux — à éviterCumulonimbus (Cb)Pluie, grêle, givrage, orages, vents en cisaillement, turbulences sévères

Nébulosité (en octas)

La nébulosité mesure la fraction du ciel couverte par les nuages. Elle s'exprime en octas (huitièmes de ciel couvert) et se retrouve dans les messages METAR et TAF :

AbréviationSignificationCouverture
SKCSky Clear0 octa — ciel dégagé
FEWFew (quelques)1–2 octas
SCTScattered (épars)3–4 octas
BKNBroken (fragmenté)5–7 octas
OVCOvercast (couvert)8 octas — ciel totalement couvert

Cette codification est indispensable pour décoder les messages d'observation météorologique (cf. cours n°3 — METAR et TAF).

III. Précipitations et phénomènes associés

La taille et la dynamique du nuage conditionnent la nature des précipitations (bruine, pluie, neige, grêle). Les nimbostratus apportent généralement des pluies régulières, alors que les cumulonimbus délivrent des averses localisées, voire orageuses.

A. Formation des précipitations

Une fois le nuage formé, son évolution est dirigée par l'ensemble des interactions entre les hydrométéores (gouttelettes, cristaux) et la vapeur d'eau. Le premier processus impliqué est l'échange d'eau par condensation (déposition) et évaporation (sublimation) entre la vapeur et les gouttelettes (cristaux). Ainsi, si l'ascendance de la masse d'air et son refroidissement se poursuivent après la formation du nuage, la vapeur d'eau en excès continue de se condenser sur les gouttelettes présentes, qui grossissent. Au contraire, si l'humidité relative diminue, l'évaporation des gouttelettes a lieu jusqu'au retour à la saturation.

À des températures négatives, la pression de vapeur saturante par rapport à la glace est inférieure à celle par rapport à l'eau liquide : les cristaux de glace captent la vapeur d'eau au détriment des gouttelettes surfondues, qui s'évaporent. C'est l'effet Bergeron. Ce mécanisme, combiné aux chocs entre gouttelettes (coalescence), fait grossir les éléments jusqu'à ce qu'ils précipitent sous l'effet de leur poids.

Courbe de pression de vapeur saturante — glace vs eau liquide à températures négatives
Pression de vapeur saturante : glace vs eau liquide (effet Bergeron) [MET-211]
Formation des précipitations : effet Bergeron et coalescence dans un nuage
Mécanisme de formation des précipitations [MET-212]
À retenir : Toute précipitation commence par un flocon de neige. Si ce flocon traverse une couche à température > 0 °C, il se transforme en goutte de pluie.

B. Classification des précipitations

TypeDescriptionOrigine
BruineTrès fines gouttelettes (< 0,5 mm), très rapprochéesNuages bas (stratus, stratocumulus), brouillard
PluieGouttelettes plus grosses que la bruineNuages épais (altostratus, nimbostratus)
NeigeCristaux de glace ramifiés, flocons de 0,5-2,5 cm (entre 0 et −10 °C)Même origine que la pluie
GrêleGlobules de glace de quelques mm à quelques cmNuages à forte extension verticale (Cb)
AversesPrécipitations brutales, intenses, localisées, courtesNuages instables (Cb, Ns, gros Cu)

IV. Les fronts : définition, types et dynamique

Si deux masses d'air de qualités différentes (cf. Partie 1, § III.E — masses d'air et isobares) ont des trajectoires ou des vitesses qui les conduisent à se rencontrer, elles ne se mélangent pas mais entrent en conflit : la plus chaude est soulevée par la plus froide. La surface qui sépare les deux masses d'air est appelée surface frontale et sa trace au sol est le front. Une surface frontale est une région où varient brutalement : température, pression, humidité, vent, nuages et stabilité.

A. Le front chaud

Si une masse d'air froid est rattrapée par une masse d'air plus chaud, cette dernière, plus légère, s'élève le long de la masse d'air froid en la repoussant devant elle. La pente de la surface frontale est toujours faible (1 à 2 %). C'est une situation stable.

Au fur et à mesure que l'air chaud monte, la zone de contact avec l'air froid fait baisser la température, entraînant la condensation et des précipitations. Un front chaud est passager et dure entre 18 et 36 heures. Après son passage, l'air chaud devient dominant : la température monte et la pression baisse.

Front chaud : coupe schématique montrant l'air chaud glissant au-dessus de l'air froid
Front chaud : coupe 3D et nuages associés [MET-215]
Front chaud détaillé : succession des nuages (Ci, As, Ns) et précipitations
Front chaud : succession de nuages et précipitations [MET-216]

B. Le front froid

Lorsqu'une masse d'air froid rattrape une masse d'air plus chaud, l'air froid, plus dense, s'infiltre sous l'air chaud à la manière d'un coin, et l'air chaud est rejeté en altitude. La pente de la surface frontale est nettement plus accentuée (≈ 10 %) que celle du front chaud. C'est une situation instable.

Ce type de front donne naissance à des orages et des averses brusques. Après son passage, l'air froid devient dominant : la pression monte et la température baisse.

Front froid : coupe schématique montrant l'air froid soulevant l'air chaud
Front froid : coupe 3D et nuages associés [MET-217]
Front froid détaillé : soulèvement brutal, Cb, averses et éclaircies
Front froid : soulèvement et phénomènes associés [MET-218]

C. L'occlusion

L'air froid se déplace plus vite que l'air chaud qui le précède. Il arrive un moment où l'air froid postérieur rattrape l'air froid antérieur : il se forme alors une occlusion (stade 3). L'air chaud est rejeté en altitude. C'est le stade final de la perturbation.

Front occlus : coupe 3D montrant l'air chaud rejeté en altitude entre les deux masses d'air froid Front occlus : coupe 3D — l'air chaud est rejeté en altitude [MET-236]
Front chaud : Ligne rouge sur les cartes météo (demi-cercles rouges). Nuages étendus, pluie continue. Durée : 18–36 h.
Front froid : Ligne bleue (triangles bleus). Passage rapide, averses, éclaircies derrière.
Occlusion : Ligne violette. Le front froid a rattrapé le front chaud — air chaud rejeté en altitude.

D. Structure et évolution d'une perturbation

Une perturbation frontale évolue en quatre stades :

Perturbation — stade 1 : naissance du front ondulant
Stade 1 [MET-219]
Perturbation — stade 2 : développement des fronts chaud et froid
Stade 2 [MET-220]
Perturbation — stade 3 : début de l'occlusion
Stade 3 [MET-221]
Perturbation — stade 4 : occlusion complète et dissipation
Stade 4 [MET-222]

Cycle de vie d'une perturbation : de la naissance à l'occlusion

Une perturbation frontale type comprend quatre parties, de l'avant vers l'arrière :

PartiePositionNuages caractéristiques
La têteAvant du systèmeElle est constituée par des nuages élevés : Cirrus, puis Cirrostratus ou Cirrocumulus (en fonction de la structure de la masse d'air chaud).
Le corpsPartie centraleIl englobe la masse nuageuse à l'avant du front chaud, le front chaud, le secteur chaud et le front froid. Nuages épais (Altostratus, Altocumulus, Stratocumulus) et précipitations continues.
La traîneArrière du front froidCumulus et Cumulonimbus — temps très changeant avec des alternances d'éclaircies et d'averses (pluie, neige, grésil selon la saison).
La margeZone latérale sudBorde la tête et le corps. Ses dimensions varient suivant la perturbation, la saison, la latitude et les caractéristiques de la région.
Anatomie d'une perturbation : tête, corps, traîne, marge, secteur chaud, secteur froid Anatomie d'une perturbation frontale [MET-237]

Ces fronts sont identifiables sur les cartes isofront qui associent les isobares et les fronts :

Carte isofront associant isobares et fronts sur une carte météo de surface Carte isofront : isobares et fronts associés [MET-223]
Modélisation — Fronts chauds et fronts froids [MET-V04]

Conclusion

La maîtrise des notions d'humidité, de nuages, de précipitations et de fronts constitue un élément essentiel de la formation du pilote BIA. L'analyse rigoureuse de ces phénomènes, complétée par l'interprétation des cartes TEMSI (cf. cours n°3), permet de mieux anticiper les situations météorologiques à risque et de prendre des décisions de vol adaptées, qu'il s'agisse du choix de la route, de l'altitude ou d'un éventuel report de la mission.

◦ Points clés — Partie 2

  • 3 états de l'eau dans l'atmosphère : solide, liquide, gazeux (vapeur invisible).
  • Troposphère : température diminue de 6,5 °C/km (2 °C/1 000 ft).
  • Humidité absolue décroît avec l'altitude ; humidité relative très variable (montagne : 90 % la nuit → < 20 % en journée).
  • Point de rosée = température de saturation (100 % d'humidité → condensation).
  • Surfusion : gouttelettes liquides en dessous de 0 °C (jusqu'à −40 °C).
  • Formation des nuages : convection / soulèvement frontal / orographique → détente adiabatique → condensation sur des noyaux (aérosols).
  • Détente adiabatique sèche : −3 °C/1 000 ft ; gradient atmosphère standard : −2 °C/1 000 ft.
  • Stable → stratiformes (arrêt de la montée) ; instable → cumuliformes (poursuite en bourgeonnant).
  • 10 genres de nuages (OMM). Nimbus = porteur de pluie. Cb = le plus dangereux (enclume, orages).
  • Dangers : Ci/Cs/Cc/Cu = sans danger réel ; As/Ns/St/Sc/Ac = difficultés ; Cb = dangereux (à éviter).
  • Nébulosité en octas : SKC (0), FEW (1–2), SCT (3–4), BKN (5–7), OVC (8).
  • Toute précipitation commence par un flocon de neige. Effet Bergeron : la glace capte la vapeur au détriment des gouttelettes surfondues.
  • Front chaud : pente douce (1–2 %), situation stable, durée 18–36 h. Après passage : T↑, P↓.
  • Front froid : pente ≈ 10 %, situation instable, orages et averses. Après passage : P↑, T↓.
  • Occlusion : l'air froid postérieur rattrape l'air froid antérieur — air chaud rejeté en altitude (stade 3).
  • Structure d'une perturbation : tête (Ci/Cs), corps (As/Ac/Sc, précipitations), traîne (Cu/Cb, averses), marge.
Checkpoint — Vérifiez vos acquis

1. Qu'est-ce que le point de rosée et que se passe-t-il quand la température l'atteint ?

Voir la réponse

Le point de rosée est la température à laquelle l'air atteint la saturation (humidité relative = 100 %). Quand la température l'atteint, la vapeur d'eau se condense en gouttelettes (nuages, brouillard).

2. Quelle est la différence entre une atmosphère stable et une atmosphère instable pour la formation des nuages ?

Voir la réponse

Atmosphère stable → l'air s'arrête de monter au point de condensation, formant des nuages stratiformes (stratus). Atmosphère instable → l'air continue de monter en bourgeonnant, formant des nuages cumuliformes (cumulus, cumulonimbus).

3. Citez les principaux changements observés après le passage d'un front froid.

Voir la réponse

Après un front froid : la pression remonte (P↑), la température baisse (T↓), le vent tourne brusquement. Le ciel s'éclaircit avec des averses intermittentes (traîne : cumulus, cumulonimbus).

4. Qu'est-ce que l'effet Bergeron et quel rôle joue-t-il dans la formation des précipitations ?

Voir la réponse

L'effet Bergeron repose sur le fait que la pression de vapeur saturante par rapport à la glace est inférieure à celle par rapport à l'eau liquide. Les cristaux de glace captent donc la vapeur d'eau au détriment des gouttelettes surfondues, ce qui fait grossir les cristaux jusqu'à ce qu'ils précipitent.

3 Phénomènes dangereux et information météo

I. Génération du vent et circulation générale

A. Circulation générale et zones climatiques

Le vent résulte des différences de pression entre les zones froides (pôles) et chaudes (équateur). L'air chaud monte à l'équateur, se refroidit et retombe vers 30° lat., créant des cellules de convection (Hadley, Ferrel, polaire). Ce mouvement génère les vents dominants à l'échelle planétaire, dont les alizés.

Distribution de l'énergie solaire selon la latitude : zones froides polaires, tempérées et zone chaude équatoriale
Distribution du rayonnement solaire selon la latitude [MET-319]
Circulation générale globale : zones climatiques (froid et sec, tempéré, désertique, équatorial chaud et humide) et mouvements d'air
Circulation générale et zones climatiques mondiales [MET-335]
Cellules de convection atmosphérique (Hadley, Ferrel, polaire), alizés et jet-stream sur globe terrestre
Cellules de convection, alizés et jet-stream [MET-336]

B. Le jet-stream (courant-jet)

Courant d'air très rapide de quelques centaines de km de large et de seulement quelques km d'épaisseur, situé à environ 10 km d'altitude (au niveau de la tropopause, à la jonction des cellules de convection).

  • Le jet-stream entoure le globe et souffle d'Ouest en Est selon la rotation de la Terre.
  • Vitesse : 200 à 300 km/h.
  • Les pilotes de ligne l'utilisent pour économiser du carburant.
Jet-stream : courant-jet au niveau de la tropopause
Le jet-stream au niveau de la tropopause [MET-304]
Représentation du jet-stream autour du globe
Le jet-stream entoure le globe d'Ouest en Est [MET-305]
Le saviez-vous ? Un vol Paris → New York dure environ 8 h, mais le retour seulement 7 h. La différence ? Le jet-stream ! Les compagnies aériennes ajustent leurs routes pour profiter de ce courant en vent arrière, économisant ainsi jusqu'à 30 minutes et plusieurs tonnes de kérosène par vol.

C. Les sources de turbulences

La turbulence se développe dans trois situations principales :

  • À proximité des jet-streams : turbulence en air clair (Clear Air Turbulence — CAT), signalée sur les cartes météo.
  • À proximité des reliefs (ondes orographiques, rouleaux).
  • Lors de tempêtes orageuses (cumulonimbus).
Trois sources de turbulences en vol : près des jet streams, près des reliefs et lors de tempêtes orageuses
Les trois grandes sources de turbulences en vol [MET-315]

II. Vents locaux et effets géographiques

A. L'effet de Foehn

Phénomène spécifique aux régions montagneuses : l'air humide franchit un relief.

  • Côté au vent : l'air humide est soulevé, se détend, se refroidit jusqu'à la saturation → formation de nuages et de pluies/neiges.
  • Côté sous le vent : l'air, déchargé de son humidité, redescend et se réchauffe.

Résultat : le passage du relief assèche et réchauffe la masse d'air (temps privilégié en Languedoc-Roussillon, Alpes du Sud, Alsace ; temps humide en Limousin, Vosges…).

Schéma de l'effet de Foehn : air humide côté au vent, air sec côté sous le vent L'effet de Foehn [MET-301]
Mur de foehn : gradients de température de part et d'autre du relief (−1°C/100m côté au vent, +1°C/100m côté sous le vent) — diagramme Météo France
Mur de foehn et gradients thermiques (Météo France) [MET-344]

B. Les brises

Vent local régulier qui s'établit près des lacs, de la mer, des montagnes et dans les vallées. Il est provoqué par les différences de températures entre les masses d'air dans les basses couches et suit un cycle jour/nuit.

1. Brise en région côtière

MomentNomMécanisme
De jourBrise de merLe sol se réchauffe plus vite que la mer → l'air s'élève au-dessus du sol → l'air froid marin le remplace. Du milieu de matinée à la fin d'après-midi.
De nuitBrise de terreLe sol se refroidit plus vite que la mer → phénomène inverse. En fin de soirée.
Brise de mer de jour : l'air chaud s'élève au-dessus du sol, l'air frais de l'océan le remplace au niveau de la dépression côtière
Brise de mer (de jour) [MET-341]
Brise de terre de nuit : le sol se refroidit plus vite, l'air descend des terres vers la mer créant une dépression au large
Brise de terre (de nuit) [MET-342]

2. Brise en région montagneuse (brise de pente)

  • De jour : l'air au contact des versants ensoleillés s'échauffe et s'élève le long des pentes. Un vent s'établit, remontant la vallée.
  • De nuit : phénomène inverse — l'air refroidi descend le long des pentes.
Brise de mer le jour et brise de terre la nuit Cycle des brises côtières et de montagne [MET-302]
Brises de vallée et de pente : schéma de circulation de jour (air montant, flèches rouges) et de nuit (air descendant, flèches bleues), avec photos réelles d'une vallée alpine
Brises de vallée — de jour (air montant) et de nuit (air descendant) [MET-343]

C. Les ondes orographiques et la turbulence

Lorsque le vent franchit un relief, il peut créer des ondes en aval (rouleaux et turbulences). La turbulence se développe également sous les cumulus et au contact de deux masses d'air différentes.

Ondes orographiques : ressauts, altocumulus lenticulaire et nuage de rotor Ondes orographiques : lenticulaire, rotor et ressauts [MET-303]

D. Les vents régionaux

En plus des vents synoptiques (liés à la circulation générale) et des brises, certains vents régionaux portent des noms spécifiques liés à leur origine géographique. Le BIA demande de connaître les principaux vents locaux de France et du bassin méditerranéen :

  • Mistral : Vent de nord-ouest, froid et sec, qui descend la vallée du Rhône vers la Méditerranée. Peut dépasser 100 km/h.
  • Tramontane : Vent de nord à nord-ouest, similaire au Mistral, soufflant sur le Languedoc-Roussillon (Aude, Pyrénées-Orientales).
  • Autan : Vent d'est à sud-est soufflant sur le Languedoc et le Midi-Pyrénées, porteur d'humidité depuis la Méditerranée.
  • Sirocco (ou Chergui) : Vent chaud et sec venant du Sahara (sud), apportant sable et poussière sur le bassin méditerranéen.
  • Alizés : Vents réguliers d'est soufflant dans la zone intertropicale (cellule de Hadley). Utilisés historiquement par la marine à voile.
  • Harmattan : Vent sec et poussiéreux de nord-est soufflant du Sahara vers l'Afrique de l'Ouest.
Carte des vents locaux de France : Mistral (vallée du Rhône), Tramontane (Languedoc) et Autan (Aquitaine)
Vents locaux du Sud de la France [MET-337]
Le Sirocco : vent chaud et saharien venant du sud, traversant la Méditerranée vers l'Europe
Le Sirocco : vent saharien vers la Méditerranée [MET-338]
Vue satellite du bassin méditerranéen montrant le panache de poussière saharienne transporté par le Sirocco (plume brune sur la mer)
Vue satellite : panache de poussière du Sirocco sur la Méditerranée [MET-346]
Voiture couverte de sable et de poussière saharienne déposée par le Sirocco dans une ville du bassin méditerranéen
Dépôt de poussière saharienne apporté par le Sirocco [MET-347]

III. Les cumulonimbus (Cb)

C'est le nuage le plus dangereux pour l'avion (y compris les gros avions de ligne). Il se forme dans les fronts froids toute l'année, ou au printemps et en été après un fort échauffement du sol.

Le cumulonimbus provoque :

PhénomèneConséquences
Vent violent et irrégulierDirection changeante brusquement. Rafales de 30-40 kt. Risque de cisaillement.
GrainsVents violents accompagnés d'averses intenses.
Averses de pluieTrès violentes, réduisant complètement la visibilité.
TurbulenceVents verticaux pouvant avoisiner 90 km/h.
GrêleRéduit la visibilité, peut endommager la cellule de l'avion.
FoudrePeut endommager les moyens de radionavigation et l'avion lui-même.
Cumulonimbus (Cb) — structure et phénomènes associés
Le cumulonimbus : le nuage le plus dangereux [MET-306]
Cumulonimbus vu de loin avec enclume caractéristique
Cb avec enclume caractéristique au sommet [MET-307]

IV. Le givrage

Formation plus ou moins rapide d'un dépôt de glace sur certaines parties de l'avion. Ce dépôt :

  • Alourdit l'avion.
  • Modifie l'écoulement de l'air et dégrade les performances.
  • Peut bloquer les gouvernes, volets, sondes Pitot…
  • Peut étouffer le moteur (givrage du carburateur).
Accumulation de glace et de neige sur l'aile d'un avion léger sur le tarmac — exemple de givrage structurel au sol avant décollage
Givrage structurel au sol — accumulation de glace sur une aile [MET-345]

A. Catégories de givrage

TypeCauseGravité
GivreVol dans une zone de pluie surfondue (0 à −15 °C), notamment au niveau d'un front froid. L'avion apporte l'énergie pour que les gouttes passent à l'état solide.Très rapide, dangereux
VerglasCongélation de pluie ou bruine (grosses gouttes), surfondues ou non, sur la surface de l'avion. Dépôt transparent.Rapide, épaisseurs importantes
Gelée blancheCondensation directe de l'état gazeux à solide (non liée à la surfusion). Au sol après une nuit froide ou en traversant un air chaud après un air froid.Faible, mais réduit la portance au décollage

B. Prévention et élimination

  • Au sol : dégivrage avant le départ + application d'un liquide de protection (efficace sur une courte durée).
  • En vol : systèmes antigivrage — chauffage du pare-brise, des pales d'hélices, des tubes Pitot, gonflage des boudins de bord d'attaque.
Givre sur le bord d'attaque d'une aile
Givrage sur le bord d'attaque — danger majeur en vol [MET-308]
Système antigivrage : boudins de bord d'attaque
Prévention du givrage : boudins gonflables [MET-309]

V. Brumes et brouillards

A. La brume

Suspension de microscopiques gouttelettes d'eau dans l'atmosphère, réduisant la visibilité entre 1 et 5 km.

B. La brume sèche

Constituée de particules solides (sable, poussières) en suspension dans l'air non saturé d'humidité (tempêtes de sable, pollution industrielle…).

C. Le brouillard

Suspension de gouttelettes d'eau ou cristaux de glace réduisant la visibilité à moins de 1 km. Il se forme principalement par refroidissement d'une masse d'air humide. Le refroidissement conduit à la saturation puis à la condensation.

Conditions favorables : forte humidité + baisse de température + peu de vent.

Type de brouillardMécanisme
De rayonnementRefroidissement nocturne par rayonnement
D'évaporationArrivée d'air froid et sec sur une étendue d'eau
D'advectionArrivée d'air chaud et humide sur un sol froid
De penteSoulèvement d'air humide le long d'un relief
De mélangeBrassage de 2 masses d'air de températures différentes
Atterrissage d'un A321neo par brouillard sur la piste de Boston Logan — visibilité fortement réduite, feux d'axe de piste à peine visibles
Approche aux instruments par brouillard dense — Boston Logan (CC BY 4.0 · 4300streetcar / Wikimedia Commons) [MET-310]
Boeing 747 British Airways en décollage de Heathrow (piste 27L) dans un brouillard dense — visibilité très réduite, l'avion disparaît dans la brume
Décollage piste 27L à Heathrow par brouillard épais — 11h21 le 24 nov. 2019 (CC BY 4.0 · BWard 1997 / Wikimedia Commons) [MET-348]
Brume : Visibilité 1–5 km (code METAR : BR).
Brouillard : Visibilité < 1 km (code METAR : FG).
Brume sèche : Particules solides en suspension (code METAR : HZ).

VI. Les messages météorologiques

A. METAR (METeorological Aerodrome Report)

Message d'observation météorologique du temps sur un aérodrome. Il est très fiable, réédité toutes les heures ou toutes les demi-heures. C'est un message codé, toujours organisé de la même façon.

Structure type d'un METAR :

METAR LFBO 101300Z 27015KT 9999 FEW040 SCT100 BKN200 15/08 Q1018

LFBO = code OACI de l'aérodrome (Toulouse-Blagnac)
101300Z = le 10 à 13h00 UTC (heure Zoulou)
27015KT = vent venant du 270° à 15 nœuds
9999 = visibilité ≥ 10 km
FEW040 = 1-2/8 nuages à 4 000 ft
15/08 = température 15 °C / point de rosée 8 °C
Q1018 = QNH 1018 hPa
CAVOK (Ceiling And Visibility OK) : visibilité dominante > 10 km, pas de nuages sous 1 500 m, pas de précipitations ni d'orages, cumulonimbus ou cumulus bourgeonnants.
Décodage d'un message METAR avec annotations Lecture d'un METAR annoté [MET-311]

B. Le TAF (Terminal Area Forecast)

Message de prévision météorologique. Il existe des TAF courts (valables 9 h) et des TAF longs (valables 24 h). Ils sont disponibles 1 h avant leur début de validité. Ils peuvent être accompagnés d'un SIGMET signalant les phénomènes dangereux.

La syntaxe ressemble aux METAR mais l'organisation diffère (période de validité, évolutions).

TAF LFLY 140800Z 1409/1418 32010KT 9999 SCT025CB BKN050
TEMPO 0911 7000 SCT015 BKN040 BECMG 1113 SCT050=

• Prévision pour Lyon-Bron, émis le 14 à 08h UTC
• Valable de 09h à 18h UTC
• Vent 320°/10 kt, visibilité > 10 km, 3-4 octas Cb à 2 500 ft, 5-7 octas à 5 000 ft
TEMPO 0911 : baisse temporaire de visibilité à 7 000 m entre 09h et 11h
BECMG 1113 : évolution progressive entre 11h et 13h
Heures UTC : Toutes les heures des METAR et TAF sont en UTC (Temps Universel). Pour obtenir l'heure locale en France : ajouter 2 h en été et 1 h en hiver.
Table des codes et abréviations météorologiques utilisés dans les METAR et TAF Table des codes météorologiques METAR/TAF [MET-312]

VII. Le SIGMET

Le SIGMET (SIGnificant METeorological information) est un message d'alerte diffusé par les centres de veille météorologique pour signaler les phénomènes dangereux en route : orages, turbulence sévère, givrage sévère, ondes orographiques, tempêtes de sable, cendres volcaniques, cyclones tropicaux.

Contrairement au METAR (aérodrome) et au TAF (prévision locale), le SIGMET couvre une région d'information de vol (FIR) entière et est valable jusqu'à 6 heures.

LFBB SIGMET 2 VALID 141200/141800 LFBD —
LFBB BORDEAUX FIR SEV TURB FCST AT 1200Z
S OF N45 AND W OF E001 FL250/FL350 MOV NE 25KT
INTSF=

LFBB = FIR de Bordeaux
SEV TURB = turbulence sévère
FL250/FL350 = entre les niveaux de vol 250 et 350
MOV NE 25KT = se déplaçant vers le nord-est à 25 nœuds
INTSF = s'intensifiant
SIGMET : Alerte pour phénomènes dangereux en route (6 h max, à l'échelle d'une FIR).
AIRMET : Information similaire mais pour les phénomènes de moindre intensité, destinée à l'aviation légère.
NOTAM : Avis aux navigants concernant les restrictions d'espace aérien, travaux, exercices militaires, etc.

VIII. Le dossier météo

Lors de tout vol en aviation légère et commerciale, le pilote doit réglementairement préparer un dossier météorologique et l'embarquer à bord. Ce dossier comprend la situation générale, les prévisions nationales et locales, les différents messages utiles.

En vol VFR, avant de décider de partir, le pilote doit avoir en mémoire 5 éléments :

  1. La visibilité
  2. La base des nuages
  3. La nébulosité des nuages
  4. La direction et la vitesse du vent
  5. Les phénomènes dangereux

En vol, le pilote doit observer régulièrement le ciel et s'informer par radio (AFIS, contrôle, VOLMET).

Toutes les données nécessaires sont accessibles sur le site Aeroweb (aviation.meteo.fr).

Carte TEMSI France basse altitude (Low Level SIGWX Chart) : zones de phénomènes significatifs, visibilité, nébulosité
Carte TEMSI France basse altitude — exemple de lecture [MET-316]
Table complète des symboles du temps significatif utilisés sur les cartes TEMSI : pluie, bruine, neige, grêle, brouillard, turbulences, orages, givrage, codes de localisation
Symboles du temps significatif — table complète [MET-339]
Lecture des isothermes 0°C et -10°C sur les cartes TEMSI France : altitude en centaines de pieds, valeurs SFC et xxx (>15000 ft)
Lecture des isothermes 0 °C et −10 °C sur la TEMSI [MET-340]

IX. Les facteurs humains en aéronautique

Les facteurs humains sont la première cause d'accidents aériens (environ 80 % des accidents). Le BIA aborde cette thématique en lien avec la météorologie car les conditions météo dégradées amplifient les erreurs humaines.

Statistiques d'accidents mortels par million de vols (1970-2023) et comparaison des modes de transport : avion 0,06 mort, train 0,13, autocar 0,20, voiture 3,14 par milliard de km
L'aviation : mode de transport le plus sûr — évolution 1970-2023 et comparaison [MET-317]

A. Les catégories d'erreurs humaines

CatégorieExemples
Erreurs psychologiquesMauvaise évaluation de la situation, fixation sur un instrument, « press-on-itis » (insistance à poursuivre malgré les signaux d'alerte)
Erreurs physiologiquesFatigue, hypoxie, désorientation spatiale, effet tunnel
Erreurs de communicationMalentendu entre pilote et contrôleur, relecture incorrecte d'une clairance, barrière linguistique
Erreurs organisationnellesPression du planning, maintenance insuffisante, absence de culture de sécurité

B. Les limites physiologiques du pilote

  • Vision : De nuit, l'acuité visuelle diminue fortement. Le pilote doit utiliser la vision périphérique (cellules bâtonnets) plutôt que la vision centrale. Temps d'adaptation à l'obscurité : 30 min.
  • Oreille interne : Assure l'équilibre. En l'absence de repères visuels (IMC), les informations vestibulaires peuvent être trompeuses → désorientation spatiale. Le pilote doit alors faire confiance à ses instruments.
  • Oxygène et hypoxie : Au-dessus de 10 000 ft (3 000 m), la raréfaction de l'oxygène provoque l'hypoxie : euphorie, troubles du jugement, perte de conscience. L'inhalation d'oxygène est obligatoire au-dessus de FL125 (environ 3 800 m).
  • Fatigue et cinétose : La fatigue dégrade la vigilance et la prise de décision. Le mal de l'air (cinétose) résulte d'un conflit entre les informations visuelles et vestibulaires.

C. Prise de décision et facteurs psychologiques

Les accidents sont souvent liés à une mauvaise prise de décision :

  • Charge de travail : En situation complexe (météo dégradée + panne), la surcharge cognitive entraîne des oublis ou des erreurs de hiérarchisation.
  • Automatismes et vigilance : Un pilote expérimenté peut entrer en « mode automatique » et ne pas détecter un changement de situation.
  • Stress et émotions : La pression temporelle ou émotionnelle altère la capacité d'analyse.
Accident de référence — Ténérife, 1977 : Collision au sol entre deux Boeing 747 (583 morts). Le brouillard dense sur la piste, combiné à une pression temporelle et des erreurs de communication, a conduit le commandant du KLM à décoller sans autorisation. C'est l'accident le plus meurtrier de l'histoire de l'aviation.

D. La gestion des ressources de l'équipage (CRM)

Le CRM (Crew Resource Management) est une méthode de travail en équipage visant à réduire les erreurs humaines :

  • Communication : Échanges clairs, concis, vérifiés (technique du read-back).
  • Coopération : Répartition des tâches, surveillance croisée (cross-check).
  • Leadership : Le commandant de bord prend la décision finale mais reste à l'écoute de l'équipage.
  • Culture juste : Environnement où les erreurs sont reportées sans crainte de sanction, pour améliorer la sécurité collective.

E. Prévention et formation

  • Formation théorique et pratique : Le BIA sensibilise dès l'initiation aux facteurs humains.
  • Simulateurs de vol : Permettent de s'entraîner à gérer les situations d'urgence en toute sécurité.
  • Check-lists : Listes de vérification systématiques pour éviter les oublis.
  • Retours d'expérience (REX) : Analyse des incidents et accidents pour améliorer les procédures.
Diagramme de raison (modèle du fromage suisse) : accumulation de défaillances — maintenance, contrôle au sol, trajectoires, détection, réactions pilotes — menant à l'accident
Modèle du « fromage suisse » (Reason) : chaque erreur est une trouée — quand elles s'alignent, l'accident survient [MET-318]

◦ Points clés — Partie 3

  • Effet de Foehn : assèche et réchauffe l'air en aval du relief.
  • Brises : cycle jour/nuit. Brise de mer le jour, brise de terre la nuit.
  • Jet-stream : 200-300 km/h, Ouest → Est, ~10 km d'altitude.
  • Vents locaux : Mistral (NW, Rhône), Tramontane (N, Languedoc), Sirocco (S, Sahara), Alizés (E, tropiques).
  • CAT (Clear Air Turbulence) : turbulence en air clair, signalée sur les cartes.
  • Cumulonimbus = nuage le plus dangereux : vent, grains, turbulence (90 km/h), grêle, foudre.
  • Givrage : givre (pluie surfondue, 0 à −15 °C), verglas (grosses gouttes), gelée blanche. Prévention : dégivrage au sol, boudins et chauffage en vol.
  • Brume : visibilité 1-5 km ; brouillard : < 1 km. 5 types de brouillard.
  • METAR : observation actuelle, toutes les 30-60 min. TAF : prévision 9 h ou 24 h.
  • SIGMET : alerte phénomènes dangereux en route (FIR entière, 6 h). CAVOK : visi > 10 km, pas de nuages sous 1 500 m.
  • Dossier météo obligatoire : 5 éléments (visibilité, base nuages, nébulosité, vent, dangers).
  • Facteurs humains : 80 % des accidents. Hypoxie > FL125. CRM = gestion des ressources équipage.
Checkpoint — Vérifiez vos acquis

1. Expliquez l'effet de Foehn en deux phrases.

Voir la réponse

L'air humide est soulevé par un relief, se refroidit et perd son humidité sous forme de pluie côté au vent. De l'autre côté, l'air redescend, sec, et se réchauffe : le temps y est plus chaud et dégagé.

2. Que signifie CAVOK dans un METAR ?

Voir la réponse

CAVOK (Ceiling And Visibility OK) : visibilité > 10 km, pas de nuages significatifs sous 1 500 m (5 000 ft), pas de précipitations ni de phénomènes météorologiques dangereux.

3. Pourquoi l'hypoxie est-elle particulièrement dangereuse pour un pilote ?

Voir la réponse

L'hypoxie (manque d'oxygène au-dessus de 10 000 ft / 3 000 m) est insidieuse car elle provoque une euphorie qui empêche le pilote de réaliser qu'il est en danger. Elle entraîne des troubles du jugement puis une perte de conscience. L'oxygène est obligatoire au-dessus du FL125.

Résumé et Points Clés à Retenir

Atmosphère et pression

  • ISA : 15 °C, 1013,25 hPa au niveau de la mer ; gradient −6,5 °C / 1 000 m, −1 hPa / 28 ft
  • Troposphère : Sol → ~11 km = lieu de toute la météo ; tropopause = limite supérieure
  • Vent : Hautes pressions → basses pressions ; Coriolis dévie à droite (hémisphère N)
  • Calages : QFE (aérodrome), QNH (mer), 1013 (Flight Level). 1 kt = 1,852 km/h

Eau et nuages

  • Point de rosée : Température de saturation (100 % → condensation)
  • Surfusion : Gouttelettes liquides en dessous de 0 °C (jusqu’à −40 °C)
  • Formation : Convection → détente adiabatique → condensation
  • Classification : Stable → stratus ; instable → cumulus. 10 genres OMM. Cb = le plus dangereux
  • Fronts : Chaud (glisse au-dessus), froid (soulève l'air chaud), occlusion
  • TEMSI : Carte temps significatif, nébulosité (SKC → OVC)

Circulation générale et vents locaux

  • Circulation générale : Cellules Hadley, Ferrel, polaire → alizés, vents d’ouest
  • Jet-stream : 200–300 km/h, Ouest → Est, 10 km d’altitude (tropopause)
  • Foehn : Assèche et réchauffe l’air en aval du relief
  • Brises : Mer le jour, terre la nuit ; montante le jour, descendante la nuit
  • Vents régionaux : Mistral (NW), Tramontane (N), Sirocco (S), Alizés (E, tropiques)

Phénomènes dangereux

  • Cumulonimbus : Nuage le plus dangereux — turbulence, grêle, foudre, rafales 90 km/h
  • Givrage : Givre (pluie surfondue, 0 à −15 °C), verglas, gelée blanche
  • Brume/brouillard : Brume 1–5 km, brouillard < 1 km. 5 types de brouillard

Information météo et facteurs humains

  • TEMSI : Carte temps significatif, validité 3 h (fronts, nuages, vent, givrage)
  • METAR : Observation actuelle, toutes les 30–60 min
  • TAF : Prévision 9 h ou 24 h. TEMPO = temporaire, BECMG = progressif
  • SIGMET : Alerte phénomènes dangereux en route (FIR entière, 6 h max)
  • Nébulosité : SKC (0/8), FEW (1–2), SCT (3–4), BKN (5–7), OVC (8/8)
  • CAVOK : Visi > 10 km, pas de nuages sous 1 500 m, pas de danger
  • Facteurs humains : 80 % des accidents. Hypoxie > FL125. CRM, culture juste, check-lists

△ Sources et Attributions

Cours adapté des supports pédagogiques de Guillaume Oger, professeur de SVT, élaborés à partir du Manuel BIA 2021 (CIRAS Toulouse), chapitre 3, programme §1.